Lire dans les yeux des gens m’a amené très tôt à dessiner des perceptions de leurs états d’âmes. Peindre ces réflections est soudain devenu essentiel.

Parallèlement à cela, ma vie a été marquée par l’arrivée de la connexion permanente à de nombreuses sources d’informations en temps réel. En quoi cela a-t-il pu changer les modes de pensées et de réflexions ?

Voit-on vraiment tout ce que l’on regarde ?

 Peut-on induire des changements de regards ?

Est-il possible  « d’écouter » d’autres points de vue ?

«Si l’on change de point de vue, le monde peut nous apparaître tout autre. Si l’on a des formes inventives sous les yeux, alors notre pensée le devient.» M. Raetz.

 

PARCOURS

Un schéma de vie en work in progress m’amène à l’art. J’ai toujours beaucoup dessiné les regards des gens. C’est ce qui m’a aidé à comprendre les enjeux de la société et à faire tomber des masques.

Après un parcours de vie mouvementé, j’affirme mes premières expressions avec des installations sculpturales. J’aime travailler à l’écoute de la matière et des espaces. Toutefois, je pressens que la peinture pourrait me permettre d’être plus pertinent.

Longtemps je concentre mon approche sur des représentations du cheminement de l’information.

Un jour en provoquant la peinture, je glisse, tombe et me coupe profondément l’intérieur de la main. Cet accident handicapant me coupe net dans mon élan. Je n’ai alors plus le goût à rien.

C’est de ce néant, que me vient l’envie de peindre les personnages comme je les dessine. Mais peindre n’est pas dessiner. Mon exigence est telle que je ne peux me satisfaire d’approches partielles. J’y consacre tout mon temps. Je pressens l’essence de l’œuvre : faire dialoguer mes personnages avec les voix intérieures des gens.