DEMARCHE

Lire dans les yeux des gens m’a amené très tôt à dessiner des perceptions des états d’âmes et des masques sociétals. Peindre  comme je dessine est soudain devenu essentiel pour espérer que chacun puisse y trouver réflections de lui-même.

Par ailleurs, l’observation des flux d’informations contradictoires qui circulent en temps réel, m’a amené à me demander en quoi l’usage d’internet a-t-il pu changer les modes de pensée et de réflexion des humains.

Une œuvre pourrait-elle représenter les positions de chacun ? Il y a tellement de faits contradictoires et de changements que cela m’a amené à créer des peintures-installations avec qui prendre le temps de dialoguer de tout.

Elles sont créé pour induire des changements de positionnements et permettre de s’écouter composer autrement.

Qu’est-ce qui vient avant toute pensée ?

Voit-on vraiment tout ce que l’on regarde ?

Est-il possible  « d’écouter » d’autres points de vue ?

Mais au fond, que sont ces voix intérieures qui sont audibles ?

Prendre le temps de les écouter apporte-t-il quelques chose ?

Alors, « Qui parle, qui entend, qui écoute ? »

 

PARCOURS

Un schéma de vie en work in progress me ramène à l’art sur le tard. Je sais que le temps m’est alors compté, et m’engage à fond dans une vaste recherche artistique.

J’affirme mes premières expressions avec des installations sculpturales. J’aime travailler à l’écoute de la matière et des espaces. Toutefois, je pressens que la peinture pourrait me permettre d’être plus pertinent.

Longtemps je tourne en rond, au propre comme au figuré et cherche toutes les manières imaginables de le produire. Je symbolise le tunnel de lumière qui véhicule l’information.

J’affine le geste de J.Pollock pour trouver le point d’équilibre dans le dripping et produire une pluie de peinture, plutôt que des lignes. Le rendu est plus ouvert sur la profondeur infini, et cela représente bien « ce qui vient ». Je fais dialoguer les couleurs entre elles et je concentre alors mon approche sur les représentations du cheminement de l’information, tant celles du gaz, que celles de la lumière, circulant dans les espaces infiniment petits ou grands.

En mars 2016, je provoque la peinture. Je veux qu’il se produise quelque chose… Je glisse, tombe et me coupe profondément l’intérieur de la main. Cet accident handicapant me coupe net dans mon élan. De la main gauche, je peins un dernier tableau « the accident », puis n’ai plus le goût à rien, m’enferme et ferme l’atelier pendant près de deux ans.

C’est de ce néant, que me vient soudain l’envie de peindre les personnages comme je les dessine. Mais peindre n’est pas dessiner. Mon exigence est telle que je ne peux me satisfaire d’approches partielles. J’y consacre tout mon temps. Je pressens l’essence de l’œuvre : faire dialoguer mes personnages avec les voix intérieures des gens.