Mes peintures sont espaces d’expression. Elles représentent généralement l’univers de tous les possibles (de « ce qui vient » en permanence à nous comme idées).

Les idées ne m’appartiennent pas, elle me semblent provenir d’un ailleurs, vaste, profond et infini univers d’où émane de riches informations lumineuses qu’il suffit d’observer.

Il m’est devenu un jour, primordial de représenter ma source d’inspiration, pour l’offrir aux autres et en partager les bienfaits.

J’ai cherché mon geste en tournant en rond (« circulare » en latin signifie, rechercher…). J’ai recherché à voir dans ma peinture, ce qui m’est donné de voir en ayant les yeux fermés. Je fais de mon mieux, le bruissement de lumière qui est perceptible en ayant les yeux fermés, est toutefois bien plus merveilleux et harmonieux. Je sais que je ne saurai ni ne pourrai jamais peindre aussi bien ce que je perçois. Ce ne sera jamais aussi vivant que « ce qui vient » en permanence en ayant les yeux fermés.

Je fais donc en sorte de le symboliser dans mes représentations. Qu’on puisse se promener à l’infini, qu’on puisse y découvrir toujours de nouveaux détails et subtilités. Je veille à ce que les couleurs entre en résonance dans les mélange des couleurs. Pour rendre l’oeuvre plus vive, il m’est arrivé d’utiliser des feuilles d’or. Leurs reflets et le déplacement de l’observateur dans l’espace, rend perceptible le subtil, de mouvant changements de lumière.

La lumière, les couleurs, les reflets produisent des ouvertures. Elles symbolisent celles perpétuels au nouveau (le vivant n’a de cesse de s’adapter au renouveau). Nos univers n’ont de cesse de s’adapter et d’évoluer en permanence.

En peignant, j’écoute et observe les couleurs, elles me parlent, se racontent, se questionnent, se demandent. Je me laisse guider. Une couleur en appelle une autre.

Je médite chaque geste. Il m’arrive d’éviter de produire des lignes et autres traits de peinture. Pour cela je peins en l’air avec mon pinceau en tournoyant autour du tableau que je ne touche plus. Les mélanges de couleurs se produisent strates après strates.

Un matin d’euphorie, en peignant, j’ai été subjugué par l’énergie d’un centaure qui là dans mon atelier semblait me toiser du regard. Il n’y avait rien de réel, je le savais bien, pourtant la sensation de sa présence était bien réelle. J’ai commencé à le titiller, à le provoquer et le harceler avec des projections de peinture… jusqu’à ce que je glisse et chute à ses pieds sur la toile. Le pot en verre, que je tenais, s’est brisé et m’a profondément entaillé ma main en or. Je faisais corps avec la peinture, mon sang jaillissait de l’artère se mêlait aux huiles pigmentées de bleu.

Evacué en urgence, l’opération dut longue, car artère, nerfs et tendon avaient été sectionnés.

Au réveil, la douleur des nerfs a produits d’intenses et fulgurants éclairs d’informations ne pouvant plus circuler. J’ai observé cela pendant des mois, avant de pouvoir peindre et l’accident et ce phénomène d’information que j’avais observé en moi. Cela m’a permis de définir un nouveau geste, et d’orchestrer des toiles que je fais peindre par d’autres mains que les miennes (cf voir plus loin).

 

Dans les tableaux que je peins, il est rare que la perspective soit linéaire ou curviligne mais plutôt traitée dans la profondeur. Cela me permet d’ouvrir le tableau dans le centre et de créer un chemin vers l’infini d’où je tente de rendre perceptible : l’émergence de l’infini de tous les possibles.

Pour peindre et oeuvrer, je cultive, au quotidien, l’harmonie, l’état d’être serein. Il m’importe de l’être pour représenter, au mieux, l’intense lumière créatrice, celle solaire qui donne la vie à la vie sur terre, celle qui est perceptible en ayant les yeux fermés même en étant dans le noir.

 

Le vide révèle le plein

Le silence, le son

Le noir, la lumière.

Mes sculptures dansant la vie au delà de la mort, j’ai fais en sorte d’arriver à dépasser les limites et rendre mes bois suffisamment souples et résistants pour, haut dans les cieux, les faire ployer par jour de vent. Ainsi ces bois morts retrouvent-ils vie symbolique en animant avec vivacité l’oeuvre épurée.

En peinture, arriver à matérialiser le silence, m’a amené à peindre, dans le noir, des installations peinture. Elles englobent l’espace de vides et d’infinis scintillements. Ils subjuguent l’oeil de l’observateur médusé par le phénomène présent à ses yeux : des myriades d’informations luminescentes qui semblent changer et bouger harmonieusement. L’instant emplit l’espace présent d’un intense silence qui devient fortement perceptible. Il provient de la présence de chacun à « ce qui vient ».

La lumière est ma source d’inspiration. Je la peins pour la partager aux autres. Montrer à chacun ses bienfaits. Transmettre ce qui m’a été donné pour l’offrir.

Observer cette lumière intérieur soulage, calme, sécurise. Elle permet de lâcher prise et de se fier en permanence à « ce qui vient ». Elle permet de faire des choix, de prendre aisément des décisions et d’aller de l’avant en toute quiétude.

Exposer ma peinture, ma permis d’affirmer et d’afficher ma démarche en tentant de révéler cela au monde.

Mais peut de gens me lisent. Encore moins s’imprègnent des mots.

L’accident qui m’a handicapé ma main, m’a empêché de peindre pendant de nombreux mois. Il m’a poussé à écouter et observer la reconstitution des influx nerveux dans ma main. Avant de pouvoir oser essayer de peindre cela, ça m’a incité à imaginer orchestrer des fresques. Ainsi depuis, lors de stages, workshops, j’anime des performances peinture, où je peins dans l’âme des gens pour que leur mains découvre savoir produire ce que j’attends d’elles.

Tels Yves Klein ou Sol Lewitt, je leur fais peindre à plusieurs mains de grandes fresques.

J’anime donc l’espace et tel un chef d’orchestre, je peins sans toucher aux instruments (que sont là les pinceaux).